Michel Colin: Absolute Radio a réinventé le modèle économique de la radio digitale.

Posted On 14 avril, 2012 By Add Comments
DCDPBanMColin

Cela fait plusieurs mois que je lançais l’invitation à Michel Colin, le spécialiste européen de la publicité radiophonique pour qu’il viennent ici même vous parler du marché publicitaire, des bijoux de créativité dont savent faire preuve certaines agences ou encore de ses formations qu’il distille un peu partout dans les radios, lors des salons.

Dans un emplois du temps chargé Michel m’a proposé de partager avec vous une des conférences à laquelle il a pu assister lors des Radiodays de Barcelone. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Michel à frappé fort ! Le sujet est on ne peut plus au coeur des quelques réflexions que j’ai développé sur ce blog depuis ses dernières années, à savoir l’intégration et la mutation de la radio à travers le nouvel environnement numérique et des nouvelles possibilités existantes que cela laisse apparaitre. Mieux encore Clive Dickens nous livre ici l’émergence de ce qui pourrait bien être un nouveau modèle économique.

Lecteur assidu de son blog consacré à la radio, Michel Colin dirige la société Médiatic Conseils qui offre des formations en marketing et utilisation des médias. Michel Colin, qui fût journaliste, a dirigé de nombreuses stations de radio locales. Il a également lancé Nostalgie en Suisse Romande, et est un des membres co-fondateurs des stations One Fm et Lausanne Fm.

 

Absolute Radio a réinventé le modèle économique de la radio digitale.

RadioDays Europe 2012 / BarcelonaAbsolute Radio (UK) développe un nouveau modèle de radio résolument novateur. La présentation de Clive Dickens (Co-fondateur et COO d’Absolute Radio) lors des RadioDays Europe 2012 de Barcelone a épaté plus d’un professionnel de radio.

 Clives Dickens : « Data is the new oil ! »

L’innovation est simple. Il s’agit de redéfinir le modèle économique radio en diffusant un programme pour tout le monde et des pubs ciblées pour chaque auditeur : «Broadcast to many, advertise one to one» lance Clive Dickens.Le ciblage est l’avantage d’internet par rapport à la FM. Le web permet de connaître chaque auditeur mais aussi de lui proposer un programme personnalisé.

 

Formulaire Absolute Radio Absolute Radio a réinventé le modèle économique de la radio digitale

Pour Absolute Radio, la base de données auditeurs est le nouvel Eldorado. La fortune de Google, de Facebook et des autres réseaux sociaux est basée sur l’identification, la géo-localisation de l’utilisateur. Absolute Radio reproduit ce modèle. Aujourd’hui 33% des auditeurs internet d’Absolute Radio sont logués dans la base de données. La webradio connait le nom, prénom, âge, sexe, localisation active de milliers de ses auditeurs. Mieux, 54% des auditeurs qui ont téléchargé l’application mobile ont volontairement rempli le formulaire d’inscription. Le formulaire apparait à chaque connexion, sur chaque interface. «Nous n’avons aucun intérêt à avoir des auditeurs anonymes. Donc nous harcelons chaque nouvel utilisateur avec notre formulaire d’inscription !».

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Les formulaires d’inscriptions sur l’appli Iphone.

Les auditeurs identifiés écoutent un programme dans lequel les écrans de publicité sont plus courts. Dans le flux FM Absolute Radio diffuse chaque heure 3 écrans de 6 spots de pub radio. Sur Internet, les écrans ne contiennent que 2 spots et le comblage est effectué par du contenu exclusif, en général une chanson de plus dans chaque écran. D’autres avantages sont offerts aux connectés : des contenus premium, des cadeaux, une qualité HD.

photo 3 Absolute Radio a réinventé le modèle économique de la radio digitale

Radio et mobilité

Les annonceurs peuvent donc cibler les auditeurs en fonction de leur profil, comme sur Facebook. Le serveur de publicité radio permet d’envoyer des messages de publicité différents, ciblés sur des profils d’auditeurs. Ce service est vendu plus cher que les spots normaux diffusés sur le flux normal, accessible à tous. La géolocalisation active des auditeurs permet de les situer sur une carte en temps réel (voir image ci-dessous). Ainsi les annonceurs peuvent également cibler des auditeurs en fonction de leur emplacement à un moment donné (proximité avec un point de vente par exemple).

Sur la carte, vous pouvez visualiser la position géographique des auditeursdu programme d’Absolute Sports au moment du match Manchester UTD-Manchester City du 23.10.2011 à 13h52.

photo 2 Absolute Radio a réinventé le modèle économique de la radio digitale

 

Fantastique isn’t it ?

Michel Colin
www.radiopub.fr 

Leena Sowambur: L’ère du broadcast est dépassé !

Posted On 01 novembre, 2011 By 1 Comment
LeenaBan

Ce mois-ci, l’édito de « Du coté des pros » élargi encore son horizon et donne la parole à Leena Sowambur, experte du secteur marketing dans le domaine de la musique digitale. Avec son agence Positively Music, elle épaule maisons de disques et artistes lors du lancement de leurs produits sur les marchés mondiaux à travers le net et les réseaux sociaux. Parmi ses dernières collaborations, on peux noter les noms de Shakira, les Destiny’s Child, Rod Stewart, Eminem, 50 Cents, Muse ou Angie Stone pour n’en citer que quelqu’uns. Leena partage également ses connaissances à travers un blog disponible ici, des conférences à travers le monde entier et travaille actuellement à la création d’un programme complet de cours intitulé « The Fan Experience » qui propose de placer le fan au coeur du dispositif de toute communication digitale. Ce programme sera disponible sous la forme d’un livre, d’un site internet, de conférence et de séance de coaching personnalisé en direct. Suivre le travail de Leena est donc particulièrement recommandé si vous suivez attentivement les articles « Agir avec vos fans » sur ce blog.

 

 

« Ma démarche est de créer le programme tel que qu’un fan souhaite l’entendre »
Harry Caray


Combien de fois avons-nous été inondés sur Facebook par des messages « spray & pray »* en provenances des murs de nos « amis », appelant à tagger, à partager tel ou tel musiques ou groupe dont nous ne sommes nous même pas fans ? Combien de Twitt vous ont menés vers des vidéos n’ayant que peux d’intérêts pour vous ? Ceci est ennuyeux n’est-ce pas ?

[Ndt *Spray & pay: technique marketing visant à pulvériser de la promotion en grand nombre en espérant des retombées positive]

Cela m’est encore arrivé récemment, j’ai reçu une charmante vidéo d’un groupe de rock dans laquelle était infligées toutes sortes de tortures, où se mêlaient images à caractère pornographique et morbides. Evidemment dès les premières secondes il était facile de deviner où tout cela allait nous mener… aucune maison de disque ne pouvait cautionner un tel groupe. Cette vidéo était arrivée à moi par un de mes followers sur Twitter. Je ne l’avais pas solicitée et surtout elle était très loin de mes goûts musicaux. Résultat, je l’ai immédiatement bloqué sur mon compte.

Théoriquement, nous donnons notre permission à recevoir des contenus partagés par d’autres, alors pourquoi trouvons nous ce genre d’intrusion si irritante ? Certainement parce que par défaut, nous pensons avoir des goûts musicaux proche des gens avec lesquels nous sommes connectés. Ceci m’a intrigué, pourquoi ai-je réagi ainsi ? J’ai décidé de me pencher sur la question et de résoudre cette problématique sous l’angle de la stratégie marketing et de la confiance, sujet sur lesquels je travaille quotidiennement.

Avec les réseaux sociaux, nous, les marketeurs, avons un peu plus chaque jour repoussé les limites du marketing permissif. Ceci est pourtant une chose précieuse. Nous nous sommes abusé en pensant que les connections de nos réseaux nous donnaient la permission de promouvoir toujours plus nos produits, même quand nous ne devions pas. Une approbation sur les réseaux sociaux ne vous donne que le droit que d’agir de manière sociale. Elle ne vous donne rien de plus que le droit d’engager un rapport puis une conversation. Vous devrez alors devenir plus proche de la personne avec laquelle vous dialoguez et ceci pour construire une véritable relation sociale avec l’autre. Lorsque vous en saurez assez sur la personne et qu’une sorte de relation « amicale » se sera installée, alors, vous pourrez chercher à faire évoluer cette relation et vous pourrez commencer à promouvoir vos actions si elles correspondent aux attentes de cette personne. Au final, c’est un peu comme si vous aviez la sensation de payer un ami pour du travail qu’il a fait pour vous, est le travail est si exceptionnel car les deux parties ont pris soins de ne pas se décevoir l’une et l’autre.

La raison pour laquelle nous trouvons si ennuyeuse le marketing via les réseaux sociaux c’est qu’il fonctionne comme le marketing interruptif**.  ceci ressemble à ce qui se fait en radio, à la télévision et dans la presse écrite. Au début nous trouvions la publicité irritante. Elles arrivaient au milieu d’un film ou d’un programme que nous regardions et cela interrompait notre rêverie. Les commerciaux des maisons de disques cherchent désormais à cibler le fun et à rendre ces publicités plus divertissantes. De ce fait, les messages qui saturent les flux de news du type:   »regardez nos vidéos, devenez fans, écoutez nos chansons et achetez nos cds » ressemble terriblement à ce qui se faisait au lancement des télévisions commerciales.  Ce constat doit donc nous sortir violemment de notre excitation quand nous souhaitons proposer de nouvelles expériences sans connaitre précisément les personnes a qui s’adressent nos messages.

[**Ndt: Le marketing interruptif (ou "interruption marketing") désigne les méthodes marketing qui visent à obliger le destinataire à recevoir un message en l'absence d'une demande de sa part.]

Nos véritables amis, heuresement nous connaissent. Ils savent vos goûts et préférences et les respectent. Nous sommes à l’écoute de ce qu’ils ont à nous faire partager et découvrir et nous partageons en retour beaucoup de chose avec eux, ce qui nous tient le plus à coeur. Avec le soucis de préserver leurs amitiés, vos amis ne partagent pas ce qu’ils ne pensent pas correspondre à votre personnalité. Lorsque des amis viennent à nous avec de la musique, ils sont généralement fan d’un groupe et pensent que vous aussi vous pouvez à votre tour devenir fan de cette musique. Ils adorent quelque chose et veulent le partager avec vous.

Ceci signifie que nous sommes vraiment de retour dans le marketing de type relationnel, un marketing que nous avions déjà connu auparavant. La télévision est sur le point de devenir interractive et c’est la fin du modèle de type broadcast. Le broadcast consiste à envoyer le message de manière uni-directionelle et ceci n’élève pas bien au contraire la crédibilité que nous pouvons attribuer à un produit.  Ceci ne peux donc plus correspondre à un monde connecté, multi-directionnel comme est internet. La chose importante à retenir est que sans vérité et confiance il ne peut y avoir de relation, humaine aussi bien que commerciale. La vérité est notre garantie qu’une personne ne sera pas déçue lorsqu’elle recevra notre produit. Sans vérité, il ne peux pas y avoir de permission de s’introduire dans l’univers de votre fan, car sans vérité ou si la déception s’intalle, la permission de s’introduire dans son monde risque de vous être refusé rapidement et plus encore vous perdrez la possibilité d’utiliser votre fan comme médium de votre produit pour conquérir de nouveaux fans.

La vérité est donc un composant essentiel de la « fan expérience ».


Le discours « groupe envers les fans » n’est donc plus suffisant, il faut penser « fan vers ami ». Les fans ont déjà les attentions de leur amis, ils n’ont pas besoin d’interrompre quiconque. Ils ont l’écoute de leurs amis, ils font pour vous le dialogue vers de nouveaux futurs possible amis. Les fans sont un levier puissant !

 

Doug Erickson: 4 étapes pour devenir plus créatif.

Posted On 14 septembre, 2011 By Add Comments
DCDPBanErickson

Ce mois-ci, le blog laisse la parole à Doug Erickson, consultant américain très apprécié pour sa connaissance du média radio. Doug est un spécialistes pour actionner les leviers émotionnels qui suscitent l’adhésion des auditeurs. Sa maîtrise des contenus antenne est impressionnante et ses idées créatives pour développer vos programmes sont nombreuses et implacables. Il a travaillé dans de nombreuses stations aux Etats-Unis, pour de grands groupes média comme Clear Channel, Viacom, CBS.

En France Doug a connu le succès en travaillant pour Nrj Group. Il partage ses nombreuses idées sur son blog que je vous invite vivement à consulter. C’est justement une véritable leçon de créativité à laquelle nous convie Doug aujourd’hui. Il nous dévoile 4 étapes clés pour développer notre propre créativité et celle de nos équipes.

4 étapes pour devenir plus créatifs: Et vous pouvez les

appliquer dès aujourd’hui!

Je n’ai jusqu’aujourd’hui pas encore rencontré de directeur des programmes qui se plaigne de disposer d’une équipe trop créative, d’une équipe dont les idées fusent de tout sens jusqu’à l’en déborer.

Au contraire, quelque soit le type de station, la charge de travail et les restructurations successives aboutissent au fait que les supers créatifs d’aujourd’hui se tournent plus vers les boites internet et laissent les radios recycler les vieilles idées d’une génération dépassée.

Alors est-il possible de faire émerger de la créativité au seins même de vos équipes ? De vous rendre vous même plus créatif ? Oui, cela est possible et voici quelques pistes:

Etape N°1: Faire de votre station un environement plus ouvert.

Cela commence par une décongestion du temps et des espaces. Plus votre personnel disposera de temps pour lui, plus les possibilités de travailler dans un environement propice à la rêverie et et au jeu, plus votre personnel sera créatif. Jean Piaget, célèbre psychologue Suisse a dit: « Le jeu est la réponse à la façon dont toute nouveauté émerge ».

Les bureaux de Google

Si vos employés sont constamment occupés a accomplir des tâches programmées, ou en réunion, comment voulez-vous qu’ils aient le temps de jouer ? Un esprit ludique se développe en expérimentant l’improvisation et l’ambiguité. Le jeu ne fut-il pas d’ailleur l’une de vos premières inspirations a devenir un homme de radio ?

Ce travail ne vous a t’il pas semblé être un jeu en premier lieu ?

Je ne suggère pas ici de fabriquer du « fun » avec des clown ou de coller une machine à popcorn dans vos locaux (même si c’est une idée amusante), je suggère simplement de détendre les règles de fonctionnement et le lieu de travail, au moins occasionnelement et d’observer ce qui s’y passse alors.

Etape N°2: Fournir des outils flexibles à vos collaborateurs.

Comme les enfants, nous pouvons jouer avec n’importe quel objet. Et qui n’est jamais allé à Macaroni Grill pour utiliser les crayons de couleurs sur les sets de table de ce restaurant ? Si vous voulez stimuler la créativité de vos zones cérébrales, vous devez fournir à votre cerveau des « jouets » qui développent ces capacités.

Vous pourriez même avoir une salle de jeux, avec de vrai jeux, des flippers, des iPads, des chevalets de peinture, des caméras vidéos, des instruments de musiques…

En d’autres termes, apporter quelques choses pour encourager concrètement à l’intérieur même des murs de votre radio le développement des aspirations ludiques de vos employés.

 

Etapes N°3: Les règles modifiables.

Il est très difficile de se sentir créatif pour un collaborateur si il se sent jaugé et jugé en permanence. En vérité la plupart des Hommes de radio sont ici parce qu’il sont rebels. Si nous ne l’étions pas, nous serions devenus des gestionnaires de fonds spéculatifs ou des agents d’assurance. Il vous faut donc encourager les rebels que vous comptez dans vos équipes, en brisant de temps en temps vos règles de conduites.

Vous pouvez laisser du champs à vos équipes, puis, recadrer le travail effectué en leur expliquant vos modérations sur tel ou tel fait.  Je n’incite pas ici à lâcher complètement les vannes et autoriser les débordeemnts trop important en direct à l’antenne, mais l’organisation d’un évênement surprise en direct à l’antenne quitte à casser un peu le format, même sur une Soft AC peut être une grande chose.

Cette semaine essayé donc  de casser au moins une règle et encouragé vos employés à faire de même.

 

Etapes N°4: Réveillez vos supers pouvoirs.

Lorsque nous sommes jeunes, notre esprit n’est pas alienné par les lois physiques. Nous pensons par exemple que nous pouvons voler, nous imaginons que nous sommes invulnérable et héroïque. Pensez à Superman, à Harry Potter et aux beaux vampires de Twilight. Vos animateurs sont ce même type de personnage.

Si la radio n’est pas limitée comme elle l’a été ces 20 dernières années, par un formatage, par les notes antennes à répétitions, par des « conventions » et des règles de fonctionement trop strictes imaginer ce qui pourrait être possible ?

Réveillez vos collaborateurs ! Attribuez des prix pour les plus créatifs, les idées les plus brillantes. Essayez les, même si vous n’etes pas certains de toutes ces propositions, donnez leur une chance. Si vous subissez des échecs tentez autre chose. Vous souhaitez devenir plus créatif ? Alors faite de votre station l’endroit de travail le plus amusant de la ville et ce chaque jour.

Observez !

Je vous prédis très rapidement une hausse de vos sondages.

Les auditeurs ne peuvent pas résister à l’appel du plaisir, surtout lorsque celui-ci est partagé.

Pour entrer en contact avec Doug, je vous invite à le retrouver dès aujourd’hui sur Erickson Media.

 

 

 

Tout va bien dans ce monde formaté.

Posted On 05 juin, 2011 By 1 Comment
BanLaforge

Ce mois ci, la tribune libre de « Du coté des pro » est confiée à Eric Laforge. J’ai eu le plaisir de croiser la route d’Eric il y a quelques années lorsque celui-ci avait effectué un remplacement à Mfm. Deux passions communes, la radio et la photo nous avait amené a échanger et à rester en contact. Depuis Eric est exilé volontaire à la RTBF en Belgique dans l’excellente Classic21, la Radio Rock N’Pop qui décoiffe. Eric écrit aussi très régulièrement sur son Ziblog consacré à la musique, mais pas que, que je vous conseille d’ajouter à votre lecteur Rss.


Tout va bien dans ce monde formaté… à condition évidemment de ne pas faire de vague, aucune, et de s’arranger pour que rien ne dépasse, jamais. Il faut rentrer dans le rang. Pour des questions idéologiques, les anciens régimes des pays de l’Est réduisaient les hommes à l’état de moutons. Tous égaux, dans le silence. Dans nos régimes capitalistes, les causes sont différentes, mais la finalité exactement la même. Ici, c’est la rentabilité qui génère des stratégies de planification, d’aplanissement des individus.

J’appelle ça le syndrome de la pizza Disneyland. Les pizzas des parcs d’attraction ne sont pas mauvaises, elles n’ont juste pas de goût. Ainsi elles ne déplaisent à personne, mais personne non plus n’a vraiment de plaisir à les manger. On en est là. Prenez l’exemple de notre métier, celui qu’on a tous choisi de faire, aucun de nous n’a été contraint de bosser dans une radio. Et bien dans notre petit monde, le formatage a fait son oeuvre à grand coup d’études, de sondages et d’auditoriums. On ne cherche plus à plaire à des auditeurs mais à ne pas leur déplaire.

Il ne faut pas heurter ni surprendre, il faut rassurer disent les études faites par des organismes dont les représentants sont des parodies d’eux mêmes. Des hommes ou femmes sans imagination, sans le moindre soupçon d’esprit artistique, sans curiosité… pire même, sans passion. Seuls, les tableaux Excel peuvent leur donner une excitation à la base d’une éjaculation précoce. Les chiffres doivent croitre d’un mois à l’autre. Lorsque ‘ces costumes’ bien repassés avec leur cravate impeccable auront fini de formater la société, que restera t-il de ce qui était nos richesses, à savoir nos différences, nos goûts ?

Nous avons tous écouté des radios qui nous ont fait rêver, avec des animateurs qui avaient des aspérités, de la personnalité, du relief. Combien de ceux qui travaillent dans des radios musicales en France aujourd’hui écoutent leur propre radio ? Presque aucun. Marre d’entendre les mêmes 50 titres disait l’un des jingles de Maxximum en 1990, radio où j’ai eu l’honneur de faire quelques prestations à l’époque.

Le formatage en France entre donc dans sa troisième décennie de dégâts en tout genre avec pour conséquence des radios qui se partagent des sondages dont les résultats sont quasi figés. Si ce n’était tout de même une baisse régulière et inéluctable de l’écoute des musicales, mais le gâteau publicitaire continue d’être partagé et chacun y mange sa part, personne n’a la cerise parce que personne ne l’a mérite.

Alors pourquoi en est on arrivé là ? Mike Wagner, ex patron de Nostalgie et Chérie FM le dit lui même sur ce même site « …Les radios se sont retrouvées achetées par des sociétés gigantesques, puis immédiatement gérées par des comptables au lieu des professionnels dotés de l’expérience créative requise dans ce milieu. » On a alors fait de la quantité pour la quantité en pensant qu’il valait mieux toucher des tonnes d’oseille plutôt que de toucher au sublime, plutôt que d’être fier de sa radio. C’est l’idéaliste qui est en moi qui parle, oui comme vous la radio est mon métier, mais aussi une passion, la fierté de sa radio a encore une importance pour moi. Ces comptables là ne se préoccupent pas du contenu des radios qu’ils gèrent, faire de la radio ou vendre des petits pois, qu’importe. Tout cela n’est que produits de consommation.

J’aurais pu évoquer également les auditoriums au cours desquels on demande aux gens de choisir de manière presque mécanique les disques qu’ils auront envie d’entendre ensuite sur leur radio. J’ai bien dit entendre, pas écouter. Comment s’étonner alors que toutes les radios se ressemblent ? Comment s’étonner qu’une programmation se fait autour de 400 ou 500 disques pour les radios les plus dévergondées ? Comment imaginer qu’un directeur d’antenne prenne le risque de s’écarter des chiffres que lui fournissent les statisticiens après l’auditorium ? Lorsque je suis arrivé sur RFM en 1999, Nicolas Lespaule était le directeur d’antenne, le chef des Indiens ! Un jour dans son bureau, on parlait de programmation et il m’a confié prendre un risque « …quatre titres par heure ne sont pas testés.Mais on va essayer de redonner des couleurs à cette radio. » Pour vous tous, le mot couleur associé au nom de cette radio n’est pas anodin. Je m’étais alors mis à espérer que le formatage allait faire machine arrière, d’autant que plus ou moins au même moment, Jean Philippe Denac sur RTL 2 nous proposait Zegut en soirée. Ces deux audaces là me plaisaient.

Ceux de ma génération, les quadragénaires bien membrés (!) ont souvent commencé la radio en ayant eu comme modèle le grand Zegut, notre Wolfman Jack à nous. Quelle frustration d’avoir eu son animation en exemple pour finalement 20 ans plus tard en être à n’annoncer que le disque qui arrive après la pub et l’opé antenne du moment. J’ai la chance quant à moi d’être dans une des rares stations francophones qui a encore beaucoup de contenu, bref ou l’on fait encore de la radio. Classic 21 en Belgique, pourvu que ça dure.

Mais je pourrai citer Couleur 3 en Suisse qui est aussi une radio… What Else ?

En 1997, je travaillais sur RTL 2, le soir je croisais régulièrement Zegut qui lui finissait son émission sur RTL. J’avais la chance de causer de longues minutes avec lui. Un jour, lui

parlantdéjà de mon exaspération à subir ce formatage, il m’avait répondu : « C’est toute la différence entre vous (les animateurs de FM) et moi. Quand j’ai signé, on entrait dans une radio pour de l’artistique, maintenant c’est pour du commerce. »

Encore une fois, Tonton Zézé avait le mot juste.

PROGRAMMATION DES RADIOS MUSICALES: Nous pensons MIEUX savoir.

Posted On 04 mai, 2011 By 1 Comment
MWBan

Mike est sans conteste un des américains qui connaît le mieux les préférences musicales des français. Ce californien arrivé en France après avoir dirigé la station KRLA à Los Angeles, a pris, après un court passage au Parc Disneyland, la tête de Nostalgie en 1999, puis l’année suivante celle de Chérie Fm. Il est à l’origine de la « Légende Nostalgie » et du format « émotion » de Chérie Fm développé avec succès sur plus d’une décennie à la tête de ces deux stations.

J’ai eu le plaisir de travailler à ses cotés lors de la reprise en main de Mfm par une nouvelle équipe enthousiaste qui ont fait bougés les lignes de la station vieillissante vers un format résolument plus moderne. L’occasion pour moi d’observer et d’apprendre auprès de ce grand professionnel les nombreuses techniques de construction d’un format reposant sur des bases solides.

Aujourd’hui Mike poursuit son aventure radiophonique, il a au cours des dernières années réalisé de nombreuses missions de consulting auprès de stations nationales aux commande de Mike Fm.

PROGRAMMATION DES RADIOS MUSICALES: Nous pensons MIEUX savoir

Depuis 2 décennies, une tendance inquiétante a vu le jour aux ETATS-UNIS, puis a  tristement et finalement atterri outre l’Atlantique. Ceci a commencé lorsque les radios se sont retrouvées achetées par des sociétés gigantesques, puis immédiatement gérées par des comptables au lieu des professionnels dotés de l’expérience créative requise dans ce milieu.
Un non-lieu au niveau budgétaire a ruiné, voire détruit de nombreuses radios, autrefois fort prospères financièrement. Le concept est simple: Vous ne devez pas vous reposer automatiquement sur la base de vos budgets dépensés dans l’année courante pour planifier celle à venir ; en revanche vous devez poser des questions sur chaque dépense potentielle selon votre budget puis recommencer à zéro. Ce serait une folie puisque votre objectif minimum et absolu d’une année à la suivante est de persister à maintenir votre niveau d’auditeurs actuel et de poursuivre cette croissance sur cette même base. Zéro budgets = toute cohérence est d’ores et déjà en très grand péril.

Aux États-Unis, au cours des 10-15 dernières années, le concept du budget « net zéro » a engendré des nouvelles idées, surtout saugrenues. Par exemple : la voix préenregistrée éliminant des animateurs dans certaines tranches horaires, l’abandon de tout effort de marketing, et pire encore, aucune étude de votre produit avec le cœur de cible de vos auditeurs.

A l’heure actuelle, cette nouvelle pratique est devenue la nouvelle vogue en France. Pouvez-vous vous permettre ce genre de lacune ? Manquer d’établir une liaison avec votre public ? Voici 2 raisons perturbantes: 1 / Les budgets fixés pour les études ont été abolies, ou bien ces mêmes budgets ne sont que l’ombre ou une fraction de ce qu’ils représentaient lorsque l’audience était plus forte. 2 / une nouvelle génération de Directeurs d’Antenne est désormais au commandes, et ils n’ont tout simplement pas l’expérience ni la compréhension  des avantages que les études peuvent apporter sans égal.

Aujourd’hui, votre cœur de cible a le plus grand choix de musique à écouter qui ait jamais existé, peut-on envisager, voire se permettre l’insolence de penser : «Je sais mieux qu’eux. Je sais mieux qu’elles. Je programmerai mon choix de musique, et ce, sans leur avis. » Et cela ne s’arrête pas strictement à la musique. C’est le contenu de vos programmes qui va souffrir également.

Aujourd’hui le marché français des radios musicales traverse une période dangereuse, avec un haut risque de non retour de la part des auditeurs qui pourraient disparaître à jamais. La fidélité d’un auditeur doit être récompensée en lui retournant la pareille. Il faut s’intéresser à lui. La technique de mesure utilisée par Médiamétrie est aussi la conséquence d’une grande majorité de ce problème. Des sondages téléphoniques pour évaluer l’audience ne sont pas les meilleures, car si le nom de votre radio n’est pas immédiatement à l’esprit de la personne appelée, vous allez automatiquement perdre. Les programmeurs de radio ignorant les penchants de leur public cible sont aussi en grande partie responsables pour ces pertes d’écoute. Les études permettent de prendre connaissance des goûts et des attentes de votre cœur de cible qui lui, apporte à son tour le plus d’heures d’écoute. À quand remonte la date la plus récente où vous avez demandé leur avis? Êtes-vous en train d’ajouter et de supprimer des éléments de vos programmes en fonction de vos caprices ou de celles de la direction?

Vous devriez vous poser la question suivante: « Pourquoi est-ce que mon cœur de cible favorise / rejette ma radio plus qu’une autre? » Et surtout n’essayez pas de répondre à la question vous-même…intéressez-vous à vos auditeurs!

Mike Wagner, président de MIKE FM Consulting

Pochette de disque américaine des années 60 sur laquelle le jeune Mike semble déjà être attiré par les choix de programmation musicale.

DCDP: Nicolas Pavageau & l’avenir de la radio.

Posted On 10 avril, 2011 By Add Comments
NicolasPavageau

Pour ce mois d’avril c’est à Nicolas Pavageau que j’ai fait appel pour l’édito « Du Coté des Pro ». Nicolas a été un des artisans majeur de la réussite du pôle fm musicale du groupe Start (Sud Radio Groupe). Aujourd’hui, il a franchi le pas de s’installer à Paris pour participer au développement de Radio FG en coachant l’antenne et en se chargeant de la promotion et de la communication de la radio électro.

J’ai eu l’occasion de collaborer avec lui lors de mon second passage à Voltage, au morning. Nicolas était alors Directeur Délégué aux Programmes de la station. Ce fut une expérience formidable mais difficile, le morning est vraiment une case à part, mais grâce ses qualités de managers Nicolas a réussit à faire que cette année soit une réussite totale avec une progression de la tranche malgré des moyens humains et financiers plus que limités face à une concurrence féroce.

Je le laisse maintenant partager avec vous quelques pistes de sa vision de notre média.

L’avenir de la Radio…

Médiamétrie va sortir dans quelques jours l’audience des radios en France. Les radios généralistes devraient être vraisemblablement boostées par l’actualité très riche (tsunami et nucléaire au Japon Guerre en Lybie et en Côte d’Ivoire) quant aux radios musicales, sans grandes surprises depuis plusieurs mois maintenant, l’audience devrait se tasser.

Sur ces dernières, il est de plus en plus compliqué de travailler et surtout de fidéliser les cibles les plus jeunes.

Difficile également de respecter les quotas français. Quotas qui pourraient augmentés dans les prochains mois ! Mais aussi d’aller conquérir des auditeurs sans élargir son format, d’obtenir de nouvelles fréquences pour assurer une progression d’audience.

Alors que faire ? vieillir son audience ? attendre un développement rapide et surtout les premiers résultats de la RNT (Radio Numérique Terrestre) ?

Même si les résultats publicitaires sont en augmentation sur l’ensemble du média Radio, ils seront bientôt dépassés par ceux d’internet qui ne cessent d’augmenter  comme bien sûr son audience  en progression constante depuis quelques années ! Un phénomène que l’on retrouve dans le monde entier.

Les marques fortes en radio hertziennes présentes sur internet depuis le début dépassent et de loin les pure players et ce n’est qu’un début.

Il faut dorénavant chercher l’auditeur où il se trouve et partir à la conquête de sa disponibilité.

Développer son site internet comme le portail média de sa marque, créer de l’interactivité et générer sa communauté avec les réseaux sociaux,  créer de nouvelles applications  pour téléphones portables et différentes tablettes ou ipod.

Les essais réalisés par l’internet mobile en Californie ne sont pas en reste, imaginez pouvoir remplacer  le vieil “autoradio à papa” par un récepteur internet mobile ce qui nous permettrait d’écouter et de recevoir les radios du monde  entier dans notre voiture dans une qualité irréprochable.

La guerre des marques et des formats boostés par cette concurrence positive ne fera alors que commencer !

DCDP: Remy Jounin, Et si on refaisait de la radio ?

Posted On 05 mars, 2011 By Add Comments
JouninBan

Pour ce mois de mars, c’est Rémy Jounin qui m’a fait l’honneur d’accepter l’invitation de mon blog. L’occasion pour ce « routard » des stations de France et d’ailleurs de nous offrir sans langue de bois son point de vue sur l’état actuel de nos programmes, ou plutôt, leur absence bien trop souvent constatée…

Rémy fait de la radio depuis le « début »; les années 80. Je pense que son CV est un des plus long que je connaisse dans notre domaine. De Paris à Saïgon, d’Hanoï au Ghana en passant par Casablanca et les antennes de RFO, Rémy est aussi un globe-trotteur qui partage avec tous son amour pour ce média et ces connaissances. Je vous encourage d’ailleurs à consulter son site radioexpertise si vous recherchez une formation solide pour vos équipes ou un coups de main ponctuel pour développer votre programmes, même avec un budget très restreint, j’ai vu Rémy à l’oeuvre ;)

Rémy est aussi voix off pour de nombreux documentaires, créateur de webradios, co-auteur d’un des trop rare livre français sur la radio: « Animer une radio » aux éditions Dixit.

Autre point commun avec Rémy, notre passage dans le développement de radio de proximité dans des hôpitaux, pour ado ou plus grands, Rémy à Trousseau et à Ambroise Paré, moi à Necker.


Y’a plus d’saisons, ma bonne dame… !

Avant (je dis avant, dans le bon temps, quoi), il y avait une rentrée en septembre (en septembre, hein, après les vacances, pas vers le 20 août !) et, éventuellement, un rattrapage vers janvier/février. Picétou. Pour le reste, si t’avais loupé ta rentrée, fallait aller à la pêche, refaire les peintures de ton salon, élever tes gosses et aller dire bonjour à ces messieurs-dames du paulemploi.

Maintenant, tout fout l’camp. Europe 1 nous fait trois grilles par an (bien fait, fallait pas embaucher « le gros », comme dit ma copine Pascale), le service public rampe devant le pouvoir et embauche des comiques dignes de Récré A2, Lagardère continue de casser ses jouets comme un gosse de riche mal élevé et qu’est-ce qu’on voit ? Des petits arrangements entre amis (momentanés) sur le thème de « tu me laisses telle fréquence ici et je te laisse piquer encore une fréquence pour une nouvelle radio (dont tout le monde) se tape chez moi » pendant que les A sont écrasées et les B asphyxiées,… pour finalement déposer un recours ! Europe 2, qui a perdu son identité, aurait dû la retrouver en achetant une marque (une virginité ?) dont les Français se contre-tamponnent (résultat: la dégoulinante infernale) et s’achète des spots de pub au ciné que ma voisine prend pour des spots pour NRJ. Bref, c’est le bordel.

Et tout ça pourquoi ? Parce qu’on parle de tout, sauf de radio. Parce qu’on pense à la marque d’abord (quand c’est RTL, c’est légitime, j’y reviendrai) au lieu de faire du programme. Parce que Virgin ou Europe 2, peu importe, la vraie question c’est qu’est-ce qu’il y a dedans ? Et le problème c’est que, trop souvent, il n’y a rien dedans. Par contre, derrière, il y a des crânes d’œufs sortis d’école de commerce qui veulent nous expliquer ce qu’attendent les auditeurs(1).

Eh, les mecs, vous croyez vraiment que Jean-François Latour, Jean Beghin, Jean-Luc Vibet, Jérôme Delaveau, Yves Bigot et consorts(2) ont besoin que vous le leur expliquiez ?

Faut arrêter les concertos de pipeau, des fois. Oui, on a besoin de vos études, de vos recherches et des éléments que vous apportez pour se forger une meilleure connaissance du marché à un instant T, à la minute M du jour J. Mais à M+1, c’est déjà obsolète ! Quant à ce qui ne l’est pas, ça s’appelle des constantes et ça, c’est du métier.

Donc, question: quand est-ce qu’on refait du programme ? Vous savez, de la radio, avec des vrais gens au micro, des vrais speaks, du vrai contenu, de la chaleur humaine, de la proximité, des êtres humains qui en accompagnent d’autres dans leurs moments intimes, dans la salle de bain, dans la bagnole, etc…

Un des meilleurs animateurs de cette première génération FM (née en 81) est parti en retraite récemment. Oui, déjà. Il s’appelle Jean-Jacques Guinard et c’est, à mes yeux de formateur, une icône. Jean-

Jacques, c’était l’anti Bling-Bling. Pas une seconde hype ou dans le mouv‘. Il n’a jamais fréquenté les pipoles et n’a jamais cherché à vendre sa mère pour une apparition télé. Vous ne risquiez pas de l’entendre lécher les miches de Sublet pour décrocher une chronique dans son loft bobo. Il ne passait pas ses soirées au Duplex ou à l’Etoile.

Il n’a jamais non plus, malheureusement, su correctement se vendre à des directeurs d’antenne qui ne le connaissaient pas. Jean-Jacques, il n’a non plus jamais postulé au morning zoo des grands réseaux, n’a jamais fait de ligne ouverte pour dire pipi-caca et se prendre pour un rebelle. Jean-Jacques, comme l’est actuellement Bruno Rizzi, par exemple, c’était un véritable animateur de nuit, celui qui sait vous parler comme si vous étiez seul avec lui, en sachant que nous sommes moins nombreux mais plus disponibles pour cette relation duelle et intime. Et, quand je taillais la route tout seul sur les routes de cambrousse, qu’est-ce que j’étais content de l’entendre, sur Chérie FM ou RTL2, me tenir compagnie, me parler comme un adulte intelligent à un autre adulte intelligent, sans se contenter de me donner les dates de concert de U2 ou me faire la promo d’un morning que je ne risquerais pas d’écouter si j’étais encore à l’écoute à 2 du mat’ ! Ben lui, voyez, lui qui réussissait ce tour de force, il est parti un peu triste et frustré, parce qu’on le faisait taire, on le muselait. Pourtant, il faisait faire des économies à son réseau. Tout seul devant sa console, sans réal, sans auteur aussi, pour lui écrire des vannes débiles. Vous avez dit « ringard » ? Nous n’avons pas les mêmes valeurs.

Oui, au lieu de privilégier le programme et les gens qui le font, on pense pouvoir et influence. Je t’échange une fréquence ici contre quatre là. Je te dénonce parce que tu ne respectes pas tes quotas(système que je déteste mais que je tiens à voir appliquer à la concurrence), je t’empêche de décrocher une fréquence ici parce qu’on m’en a refusé une là… Mais tout ça pour y mettre quoi, nom d’une pipe ? Combien de formats musicaux fonctionnent vraiment dans ce pays ? Combien sont incontournables ? Ca tient sur les doigts d’un manchot, non ? Alors, ensuite, qu’est-ce qu’on fait ? Ben du programme, tout bêtement. Du local, du thématique, comme on veut, mais du programme.

Regardez : même Radio Classique, malgré son boulevard, rajoute du programme. On aime ou pas, peu importe. L’effort est notable. Pour ma part, je perds une dent à chaque fois que madame Ruggieri vient grincer dans mon autoradio mais quelle bonne idée d’avoir remis à l’antenne une des plus belles voix de France, celle de Christian Morin! Valeur ajoutée : la possibilité pour la radio de promouvoir les concerts de jazz du Morin clarinettiste et de prouver ainsi son ouverture d’esprit ! Bon évidemment, faire du programme, ça coûte un peu de sous (pouah, oh le gros gros mot ! Bite ou poil, on peut dire, même à l’antenne, mais « augmentation », ça non !).

Mais, tous les pêcheurs vous le diront : si on veut que ça morde, faut appâter ! Et pas en offrant des bagnoles ou des séjours à Las Vegas, non, en fidélisant sur des personnes, des pros, des gens qu’on a envie de réécouter le lendemain à la même heure, parce qu’ils feront ce tour de force de se renouveler en étant toujours les mêmes.

Je voudrais conclure ce billet que Matthieu m’a gentiment (ou hardiment… ou imprudemment, au choix) offert par une note très positive. D’après un portrait paru dans Télé Nouvel Obs, l’excellent Vincent Parizot rapporte qu’on lui reproche parfois de ne pas montrer sa tête à la télé. Ben oui, Vincent, rien de nouveau là-dedans, on préfère mettre à la radio des gens dont on voit la tronche à la télé (on appelle ça « à fort potentiel de notoriété », sans rire). Les exemples démontrant que ça n’apporte pas systématiquement un résultat remontent à l’époque ou Denis Fabre sévissait à la télé et sur Europe 1, mais ça ne sert à rien. Malgré tout, Vincent, avec sa belle tête de pas- connu-à-la-télé, a réussi le tour de force d’être le premier anchorman de France, passant d’Europe 1 à RTL pour encore creuser l’écart (3). Et ça, c’est une super bonne nouvelle. Parce que si le Premier à la radio n’est pas tous les jours à la télé, ça ne peut vouloir dire qu’une seule chose : c’est que quand la première radio de France prend un grand pro pour lui confier sa tranche reine en se foutant (en prenant ce risque) de sa notoriété visuelle, ben ça marche. Ce qui aurait tendance à démontrer (ça tombe bien, c’était mon propos) que pour faire de la bonne radio, il faut faire de la radio, d’abord. Et ça, c’est vachement chouette !

Remy Jounin

http://www.radioexpertise.com

(1) « Je t’assure, Remy, un jeu a toujours une démarche aristotélicienne ! », déclaré sans rire devant un témoin de choix qui a eu la courtoisie de se retenir d’éclater de rire trop ouvertement.

(2) Dans ces « consorts », il y a toi, lecteur subtil, évidemment !

(3) En plus, il pousse l’insolence jusqu’à être super sympa avec les gens qui l’entourent, il va faire du mal à toute la profession, ce type ! Une anecdote à son propos : il y a 25 ans, il faisait les flashs de nuit sur Europe 1, le week-end, dans le studio JP. Ce studio, un studio DJ, coupé en deux par la console, avait deux portes. L’une donnant côté DJ, l’autre côté micros, sans communication entre les deux parties. Une nuit, l’animateur était tellement réveillé qu’il avait laissé la porte côté micros fermée à clé. Quand Vincent est arrivé pour son flash, il n’a donc pas pu entrer. Trop tard pour aller chercher la clé. Pendant que ce pauvre animateur racontait sa vie, Vincent est grimpé sur la console (y’a du bestiau !) pour s’installer tranquille et souriant devant le micro, de l’autre côté. M’a même pas engueulé! Royal, je vous dis, Vincent !

DCDP: Jérôme Delaveau, de l’utilité des réalisateurs.

Posted On 03 février, 2011 By 1 Comment
DelaveauBan

Chaque mois, je propose à un professionnel du monde de la radio et des univers connexes de prendre le clavier pour partager avec vous un sujet de son choix. Ce mois-ci, c’est Jérôme Delaveau qui a accepté de partager avec vous son expérience de Directeur de l’Antenne et des Programmes.

J’ai rencontré Jérôme lors de mes excursions professionnelles au Maroc il y a quelques années. Son passage par de nombreuses radios nationales et régionales ainsi qu’à la tête de formats de radio très différents en on fait un fin connaisseur des ficelles de notre métier. Jérôme est aussi un accoucheur de talent. Très bon manager je l’ai vu instaurer un climat de travail profitable aux équipes et favorable à l’éclosion des personnalités de radio. Aujourd’hui Jérôme dirige toujours les équipes de HitRadio sous le soleil du Maroc.

Je lui dois l’ouverture de mon premier blog et je le remercie pour les longues heures de discussion à propos de notre métier, entamées dans la douceur d’un été sur une terrasse de Rabat au son des muezzins.

La plupart des radios musicales n’ont pas de réalisateurs. C’est l’animateur qui pilote les enchainements entre les disques, les jingles, la pub, etc.

En revanche, sur les radios « talks », les réalisateurs sont encore bien présents.

Le réalisateur n’est souvent qu’un technicien

Evidemment, ils ouvrent les micros, mettent les auditeurs à l’antenne, lancent les écrans pubs et parfois enrichissent la conversation de l’animateur par des sons d’illustrations. Ces réalisateurs sont plutôt des techniciens d’antenne.

Mais que penser des réalisateurs qui n’apportent rien de plus à l’antenne ?

Ils existent. Ce sont des techniciens : ils ne font qu’ouvrir les micros et lancer la pub (parfois même en retard ce qui est un comble). Ceux là n’ont pas compris que l’on peut se passer de leur présence.

En effet, tout comme un animateur peut se réaliser sur une radio musicale, un animateur peut ouvrir son micro et lancer les pubs tout seul sur une radio talk. Je l’ai vu faire au Canada. Et sur une radio ayant une forte audience de surcroit.

Passer de technicien à réalisateur-producteur

Pour qu’il ait une réelle importance dans la création d’audience, le réalisateur doit absolument sortir de son unique rôle de technicien.

Il doit être l’homme qui se trouve dans l’oreillette de l’animateur.

Il doit avoir le recul pour apporter des conseils, des remarques, le recadrer lorsqu’il est trop long, le prévenir quand un meilleur auditeur est en attente, lancer des sons d’illustrations au bon moment pour réveiller le flux parlé, et surtout veiller à ce qu’il n’y ait aucun « bug » sur l’antenne.

Le bug créé par un réalisateur

Ce week-end encore, j’ai entendu un réalisateur qui n’a pas lancé les pubs à la bonne heure et qui a, par cette grosse faute, empêché la diffusion des messages des annonceurs aux heures où ceux-ci les avaient achetés.

C’est en soit une erreur enorme sur une radio commerciale.

Mais surtout cette erreur de timing a fait manquer la reprise d’un match capital sur l’antenne de sa radio. Le match a repris partout sauf sur cette radio.

Le réalisateur a donc commis la pire faute possible sur une radio : il a offert ses auditeurs à la concurrence. Car les afficionados de ce sport n’ont certainement pas attendu (surtout si un écran pubs était diffusé), ils sont allés voir ailleurs si c’était reparti. Et c’était le cas. Ils sont donc restés sur les radios qui étaient à l’heure au rendez-vous.

Chacun a son rôle à tenir

Evidemment, personne n’est à l’abri de faire une erreur. Mais si l’on adjoint un réalisateur et un standardiste aux animateurs de talk show c’est justement pour que chacun soit le plus efficace dans son domaine.

L’animateur doit veiller à animer le mieux possible (en restant concentré sur ce que disent les auditeurs pour pouvoir les reprendre si nécessaire), le standardiste doit répondre, selectionner ou appeler les intervenants les plus pertinents pour le contenu du programme, et le réalisateur-producteur doit veiller à ce que tout se passe bien sur l’antenne.

DCDP: Stéphane Dolly, la Passion.

Posted On 07 janvier, 2011 By 2 Comments
BanStef

Le premier a inaugurer cette nouvelle section est Stéphane Dolly avec qui j’ai eu la chance de collaborer ces dernières années à Mfm. Aujourd’hui Stephane est devenu un ami, il était donc légitime que je lui demande de rédiger ce premier article « du coté des pro ».

Directeur artistique de Mfm jusqu’en juillet 2010, il a eu un parcours exemplaire. Animateur, interviewer, programmateur musical, il a connu les stations locales et les têtes de réseaux. Une véritable expérience professionnelle, un bouillon de culture, un dynamisme a toute épreuve et une gentillesse exemplaire, voici comment je peux au minimum vous décrire la personnalité de Stéphane.

Je vous laisse maintenant entre ces mots…

Matthieu m’a demandé d’inaugurer cette section pro et pour moi c’est un honneur d’être accueilli sur son « media personnel », le blog matthieublaise.fr j’en suis sûr va grandir de façon exponentielle et je vous explique pourquoi maintenant :

Je fais de la radio depuis 17 ans, j’ai été animateur, interviewer, chroniqueur puis je me suis donné à 100% à la  programmation musicale, à la création d’horloges et de programmes, je suis maintenant directeur artistique et musical et c’est dans ce cadre que j’ai rencontré Matthieu, mon responsable de production et d’habillage.

Notre rencontre a mûri au fil des années et des programmes que nous avons mis en place.

Mais si je vous parle de ça, c’est pour évoquer le dénominateur commun entre Matthieu et moi.

Entre lui, moi …et vous aussi certainement !

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Ce moteur qui nous fait rêver, qui nous donne encore et toujours envie d’avancer, de défoncer les portes et d’imposer nos idées ; c’est la Passion.

Faire de la radio  n’est pas un métier facile mais avec la Passion qui nous anime, nous avons tous un atout extraordinaire :

nous possédons tout et nous pourrons tout obtenir.

La Passion ouvre les portes et donne chaque jour la conviction pour agir… et encore agir…

Agir et Réussir !

- Elle ne remplace pas le talent, elle en est le coefficient multiplicateur :  t x P = R²

(1 petit talent multiplié par 1 grande Passion c’est 1 Réussite élevée au carré)

- Elle n’évite pas de bosser mais elle transforme les boulots ingrats en patience :  p + P = R²

(la patience additionnée à la Passion c’est encore la Réussite élevée au carré !)

- Elle attire la chance, c’est pour moi une loi universelle et je suis sûr que vous l’avez déjà expérimentée

(si ce n’est pas le cas, tenez vous prêts : c’est pour demain !)

- La passion est vitale : elle est au cœur de toutes nos ressources et c’est elle qui nous sauve de la médiocrité.

Sur un CV, dans un entretien d’embauche, dans une discussion avec un patron de media ou un directeur d’antenne, elle pèse autant qu’un diplôme de grande école.

La Passion souffle le vent de la motivation le plus puissant pour gonfler nos voiles : en route vers la Réussite !

Mais vous allez me dire «quand on se prend que des portes dans la gueule, on fait comment ??? »

Je vous rassure, la Passion n’est pas soluble dans l’échec ou dans le «non succès » : dans ces moments pénibles, il faut chercher « les passeurs » ceux qui comme nous, animés par la flamme, pourront souffler sur notre esprit.

Trouvez et gardez autour de vous 2 ou 3 personnes de confiance que vous savez vraiment passionnées, elles ne s’arrêteront jamais à vos échecs et regarderont toujours votre situation d’un autre œil.

La Passion n’est pas soluble dans l’échec, non.

Mais elle peut l’être dans la solitude et le repli sur soi.

Vous avez rêvé de devenir animateur, producteur, programmateur, journaliste, ingé son etc… ?

Alors nous avons la même Passion,  nourrie depuis l’enfance :

Souvenez-vous de ces programmes que vous avez écouté dans « la voiture à papa » , sur votre 1er walk-man fm, sur votre poste de salle de bains avant de filer en cours , souvenez vous également des programmes qui vous ont secrètement accompagnés jusque dans votre lit : )

De l’auditeur transi au professionnel que vous êtes devenu ou que vous rêvez de devenir il n’y a qu’un chemin à suivre :

c’est celui de la Passion.

Elle reste un mystère et vous savez bien qu’il ne suffit pas de claquer des doigts pour la voir apparaître.

Il faut l’entretenir, il faut faire vivre la flamme.

Je sais que Matthieu en fera le cœur de ce blog consacré à la Radio et je vous propose de partager ici dans les commentaires, les émissions, les stations, les animateurs qui ont nourri votre Passion !

Pour moi ce sera , en vrac : André Torrent pour le hit RTL , Yann Hegann pour le top 50,  le NRJ des années 80 et 90 , Maxximum et ses playlists démentes,  le SkyRockTopDance,  les libres antennes de Géraldine ,  mes inoubliables Sup sur Aligre et Sky,  David Girard et Zaza Dior dans  Lune De Fiel , mais aussi d’autres émissions de Fréquence Gaie comme 37’2 version hardLa Fureur des MediasLMT, La Nuit Trash

Et dans un tout autre style les Photos de Star de Pascal Hernandez,  les années 90 de Chérie fm, la défunte radio en Or avec ses chansons inoubliables, les débuts de Chante France…. et tant d’autres… tant d’autres !

Revoyez vous enfant…adolescent… jeune et mal dans votre peau…repensez à toutes ces émissions que vous avez adorées…

et  faites les revivre maintenant dans votre tête pour une éternelle passion

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