C’est la rentrée radio, ça ne vous aura pas échappé.

Posted On 26 août, 2012 By Add Comments
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Quelles sont les nouveaux rendez-vous de cette année ? Quels changements guetter, quelles émissions semblent les plus prometteuses, qui aura été audacieux, prudent ? Quelques pistes ici:

La station qui prend le plus de risque cette année est pour une fois RTL. Si la station ne change pas ses émissions c’est un jeu de chaises musicales auquel on va assister dès demain. Parmi les changements les plus notables, celui de la matinale. Vincent Parizot rejoint la tranche du midi et est remplacé par Laurent Bazin qui aura la charge de redresser la barre. Le soir, Christophe Hondelatte est parti et laisse sa place à Marc-Olivier Fogiel qui fait son grand retour en radio après avoir quitté la matinale d’Europe 1 il y a un peu plus d’un an et demi. Eugène Saccomano raccroche cette année et ne sera donc plus sur a grille pour « On refait le match ».

A Europe 1 justement le changement ce sera par petites touches. Après un grand changement en septembre 2011 l’heure est à l’horlogerie. On note les arrivées de Yolaine de la Bigne et de Bruno Donnet dans le 5/7 d’Emmanuel Maubert. Les micro-ajustements dans la matinale de Bruce Toussaint, avec les arrivées de Caroline Roux (transfuge de Canal Plus) et de Natacha Polony (Qui poursuit avec Ruquier sur France 2 dans On est pas Couché).  Jean_Marc Morandini (qui fait sa rentrée sur Nrj12 également) et Michel Drucker sont avancés d’une demi heure. Un Europe 1 midi qui débute dès 11h30 avec un Guillaume Cahour remplacé par Patrick Roger. Le soir, Bérengère Bonte prend les commandes de Des clics et des claques de 20h à 22h30. Nikos participera à la matinale du week-end.

France Inter inove également puisque Philippe Val a confié la tranche clé de la fin de matinée à Frédéric Lopez qui promet un véritable show « à la croisé de la radio et du music hall ». De nombreux humoristes seront à ses côtés, parmi eux Chris Esquerre, Nicole Ferroni, Daniel Morin, Redouanne Harjane et Alban Ivanov. Autre page qui se tourne, celle du « téléphone sonne » puisque qu’Alain Bédouet est désormais un jeune retraité, il était arrivé à Inter en 1969, à cette heure je ne sais si l’émission se poursuit.

Sur le service public toujours France Info souhaite poursuivre sur sa lancée. Pour cela la station annonce de nouveaux rendez-vous de « fact-checking » qui a connu un certain succès sur les médias en fin de saison dernière à l’occasion de l’élection présidentielle. Gérald Roux et Gilles Halais auront la charge de démêler le vrai du faux du lundi au vendredi à 5h55, 7h20, 12h25. Autre rendez-vous mis en avant sur cette nouvelle grille le tour de France de Chloé Leprince qui va s’intéresser au porte feuille des français et à leurs habitudes monétaires (négociation de salaire, versement d’un pourboire, vacances, placements, gestion du budget….)

Concernant les musicales c’est du côté de RFM que la rentrée est des plus attendue. Le morning si il reste confié à Bruno Roblès se voit profondément refondu. Justine Fraioli quitte la radio du groupe Lagardère, mais reste sur Gulli, et est remplacée par Sandra Lou et Pascal Gigot, le duo du « Festival Roblès » qui avait fait les beaux jours d’NRj est donc reformé.

portage par Embedded Video

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Nrj justement fait elle aussi évoluer son morning. Manu a renouvelé son équipe puisque Vacher et Elodie Gossuin ont quitté l’équipe, mais peu de choses vont changées confie  Jean-Paul Baudecroux, au vue des bons résultats de fin de saison, (NRJ est redevenue première station de France) on comprend pourquoi. Cauet poursuit son émission du soir qui fonctionne elle aussi bien.

Sur Virgin Radio le morning a aussi évolué… mais pas que lui… Des prémices de profond changements pour la station sont déjà audibles dans la programmation, nouvelle année pour Virgin, nouveaux défit. Le morning d’Hanouna renouvelle sa garde robe après le dépars de d’Enora. Cyril retrouve Fabien Delettres mais aussi Cartman, Raymond, Laurent Weil et quelques autres…la touche féminine sera apportée par Tiffany Bonvoisin qui fait ses premiers pas au premier plan après avoir été la joker de Myriam dans la matinale de Bataille et Fontaine sur Nostalgie il y a deux ans.

Sur les autres stations c’est l’année de tous les défis. Nombreuses sont celle qui vont devoir savoir évoluer cette année malgré une conjecture difficile. De nombreuses suppression de poste on eu lieu, beaucoup vont perdre leurs programmes de nuit. Chérie Fm elle prend le contre-pied et développe à tout va son morning puisque la station renoue avec la stratégie qui fit son succès au début des années 2000, miser sur le local, plus de 38 équipes seront présente pour vous faire vivre votre région.

 

Tout va bien dans ce monde formaté.

Posted On 05 juin, 2011 By 1 Comment
BanLaforge

Ce mois ci, la tribune libre de « Du coté des pro » est confiée à Eric Laforge. J’ai eu le plaisir de croiser la route d’Eric il y a quelques années lorsque celui-ci avait effectué un remplacement à Mfm. Deux passions communes, la radio et la photo nous avait amené a échanger et à rester en contact. Depuis Eric est exilé volontaire à la RTBF en Belgique dans l’excellente Classic21, la Radio Rock N’Pop qui décoiffe. Eric écrit aussi très régulièrement sur son Ziblog consacré à la musique, mais pas que, que je vous conseille d’ajouter à votre lecteur Rss.


Tout va bien dans ce monde formaté… à condition évidemment de ne pas faire de vague, aucune, et de s’arranger pour que rien ne dépasse, jamais. Il faut rentrer dans le rang. Pour des questions idéologiques, les anciens régimes des pays de l’Est réduisaient les hommes à l’état de moutons. Tous égaux, dans le silence. Dans nos régimes capitalistes, les causes sont différentes, mais la finalité exactement la même. Ici, c’est la rentabilité qui génère des stratégies de planification, d’aplanissement des individus.

J’appelle ça le syndrome de la pizza Disneyland. Les pizzas des parcs d’attraction ne sont pas mauvaises, elles n’ont juste pas de goût. Ainsi elles ne déplaisent à personne, mais personne non plus n’a vraiment de plaisir à les manger. On en est là. Prenez l’exemple de notre métier, celui qu’on a tous choisi de faire, aucun de nous n’a été contraint de bosser dans une radio. Et bien dans notre petit monde, le formatage a fait son oeuvre à grand coup d’études, de sondages et d’auditoriums. On ne cherche plus à plaire à des auditeurs mais à ne pas leur déplaire.

Il ne faut pas heurter ni surprendre, il faut rassurer disent les études faites par des organismes dont les représentants sont des parodies d’eux mêmes. Des hommes ou femmes sans imagination, sans le moindre soupçon d’esprit artistique, sans curiosité… pire même, sans passion. Seuls, les tableaux Excel peuvent leur donner une excitation à la base d’une éjaculation précoce. Les chiffres doivent croitre d’un mois à l’autre. Lorsque ‘ces costumes’ bien repassés avec leur cravate impeccable auront fini de formater la société, que restera t-il de ce qui était nos richesses, à savoir nos différences, nos goûts ?

Nous avons tous écouté des radios qui nous ont fait rêver, avec des animateurs qui avaient des aspérités, de la personnalité, du relief. Combien de ceux qui travaillent dans des radios musicales en France aujourd’hui écoutent leur propre radio ? Presque aucun. Marre d’entendre les mêmes 50 titres disait l’un des jingles de Maxximum en 1990, radio où j’ai eu l’honneur de faire quelques prestations à l’époque.

Le formatage en France entre donc dans sa troisième décennie de dégâts en tout genre avec pour conséquence des radios qui se partagent des sondages dont les résultats sont quasi figés. Si ce n’était tout de même une baisse régulière et inéluctable de l’écoute des musicales, mais le gâteau publicitaire continue d’être partagé et chacun y mange sa part, personne n’a la cerise parce que personne ne l’a mérite.

Alors pourquoi en est on arrivé là ? Mike Wagner, ex patron de Nostalgie et Chérie FM le dit lui même sur ce même site « …Les radios se sont retrouvées achetées par des sociétés gigantesques, puis immédiatement gérées par des comptables au lieu des professionnels dotés de l’expérience créative requise dans ce milieu. » On a alors fait de la quantité pour la quantité en pensant qu’il valait mieux toucher des tonnes d’oseille plutôt que de toucher au sublime, plutôt que d’être fier de sa radio. C’est l’idéaliste qui est en moi qui parle, oui comme vous la radio est mon métier, mais aussi une passion, la fierté de sa radio a encore une importance pour moi. Ces comptables là ne se préoccupent pas du contenu des radios qu’ils gèrent, faire de la radio ou vendre des petits pois, qu’importe. Tout cela n’est que produits de consommation.

J’aurais pu évoquer également les auditoriums au cours desquels on demande aux gens de choisir de manière presque mécanique les disques qu’ils auront envie d’entendre ensuite sur leur radio. J’ai bien dit entendre, pas écouter. Comment s’étonner alors que toutes les radios se ressemblent ? Comment s’étonner qu’une programmation se fait autour de 400 ou 500 disques pour les radios les plus dévergondées ? Comment imaginer qu’un directeur d’antenne prenne le risque de s’écarter des chiffres que lui fournissent les statisticiens après l’auditorium ? Lorsque je suis arrivé sur RFM en 1999, Nicolas Lespaule était le directeur d’antenne, le chef des Indiens ! Un jour dans son bureau, on parlait de programmation et il m’a confié prendre un risque « …quatre titres par heure ne sont pas testés.Mais on va essayer de redonner des couleurs à cette radio. » Pour vous tous, le mot couleur associé au nom de cette radio n’est pas anodin. Je m’étais alors mis à espérer que le formatage allait faire machine arrière, d’autant que plus ou moins au même moment, Jean Philippe Denac sur RTL 2 nous proposait Zegut en soirée. Ces deux audaces là me plaisaient.

Ceux de ma génération, les quadragénaires bien membrés (!) ont souvent commencé la radio en ayant eu comme modèle le grand Zegut, notre Wolfman Jack à nous. Quelle frustration d’avoir eu son animation en exemple pour finalement 20 ans plus tard en être à n’annoncer que le disque qui arrive après la pub et l’opé antenne du moment. J’ai la chance quant à moi d’être dans une des rares stations francophones qui a encore beaucoup de contenu, bref ou l’on fait encore de la radio. Classic 21 en Belgique, pourvu que ça dure.

Mais je pourrai citer Couleur 3 en Suisse qui est aussi une radio… What Else ?

En 1997, je travaillais sur RTL 2, le soir je croisais régulièrement Zegut qui lui finissait son émission sur RTL. J’avais la chance de causer de longues minutes avec lui. Un jour, lui

parlantdéjà de mon exaspération à subir ce formatage, il m’avait répondu : « C’est toute la différence entre vous (les animateurs de FM) et moi. Quand j’ai signé, on entrait dans une radio pour de l’artistique, maintenant c’est pour du commerce. »

Encore une fois, Tonton Zézé avait le mot juste.

PROGRAMMATION DES RADIOS MUSICALES: Nous pensons MIEUX savoir.

Posted On 04 mai, 2011 By 1 Comment
MWBan

Mike est sans conteste un des américains qui connaît le mieux les préférences musicales des français. Ce californien arrivé en France après avoir dirigé la station KRLA à Los Angeles, a pris, après un court passage au Parc Disneyland, la tête de Nostalgie en 1999, puis l’année suivante celle de Chérie Fm. Il est à l’origine de la « Légende Nostalgie » et du format « émotion » de Chérie Fm développé avec succès sur plus d’une décennie à la tête de ces deux stations.

J’ai eu le plaisir de travailler à ses cotés lors de la reprise en main de Mfm par une nouvelle équipe enthousiaste qui ont fait bougés les lignes de la station vieillissante vers un format résolument plus moderne. L’occasion pour moi d’observer et d’apprendre auprès de ce grand professionnel les nombreuses techniques de construction d’un format reposant sur des bases solides.

Aujourd’hui Mike poursuit son aventure radiophonique, il a au cours des dernières années réalisé de nombreuses missions de consulting auprès de stations nationales aux commande de Mike Fm.

PROGRAMMATION DES RADIOS MUSICALES: Nous pensons MIEUX savoir

Depuis 2 décennies, une tendance inquiétante a vu le jour aux ETATS-UNIS, puis a  tristement et finalement atterri outre l’Atlantique. Ceci a commencé lorsque les radios se sont retrouvées achetées par des sociétés gigantesques, puis immédiatement gérées par des comptables au lieu des professionnels dotés de l’expérience créative requise dans ce milieu.
Un non-lieu au niveau budgétaire a ruiné, voire détruit de nombreuses radios, autrefois fort prospères financièrement. Le concept est simple: Vous ne devez pas vous reposer automatiquement sur la base de vos budgets dépensés dans l’année courante pour planifier celle à venir ; en revanche vous devez poser des questions sur chaque dépense potentielle selon votre budget puis recommencer à zéro. Ce serait une folie puisque votre objectif minimum et absolu d’une année à la suivante est de persister à maintenir votre niveau d’auditeurs actuel et de poursuivre cette croissance sur cette même base. Zéro budgets = toute cohérence est d’ores et déjà en très grand péril.

Aux États-Unis, au cours des 10-15 dernières années, le concept du budget « net zéro » a engendré des nouvelles idées, surtout saugrenues. Par exemple : la voix préenregistrée éliminant des animateurs dans certaines tranches horaires, l’abandon de tout effort de marketing, et pire encore, aucune étude de votre produit avec le cœur de cible de vos auditeurs.

A l’heure actuelle, cette nouvelle pratique est devenue la nouvelle vogue en France. Pouvez-vous vous permettre ce genre de lacune ? Manquer d’établir une liaison avec votre public ? Voici 2 raisons perturbantes: 1 / Les budgets fixés pour les études ont été abolies, ou bien ces mêmes budgets ne sont que l’ombre ou une fraction de ce qu’ils représentaient lorsque l’audience était plus forte. 2 / une nouvelle génération de Directeurs d’Antenne est désormais au commandes, et ils n’ont tout simplement pas l’expérience ni la compréhension  des avantages que les études peuvent apporter sans égal.

Aujourd’hui, votre cœur de cible a le plus grand choix de musique à écouter qui ait jamais existé, peut-on envisager, voire se permettre l’insolence de penser : «Je sais mieux qu’eux. Je sais mieux qu’elles. Je programmerai mon choix de musique, et ce, sans leur avis. » Et cela ne s’arrête pas strictement à la musique. C’est le contenu de vos programmes qui va souffrir également.

Aujourd’hui le marché français des radios musicales traverse une période dangereuse, avec un haut risque de non retour de la part des auditeurs qui pourraient disparaître à jamais. La fidélité d’un auditeur doit être récompensée en lui retournant la pareille. Il faut s’intéresser à lui. La technique de mesure utilisée par Médiamétrie est aussi la conséquence d’une grande majorité de ce problème. Des sondages téléphoniques pour évaluer l’audience ne sont pas les meilleures, car si le nom de votre radio n’est pas immédiatement à l’esprit de la personne appelée, vous allez automatiquement perdre. Les programmeurs de radio ignorant les penchants de leur public cible sont aussi en grande partie responsables pour ces pertes d’écoute. Les études permettent de prendre connaissance des goûts et des attentes de votre cœur de cible qui lui, apporte à son tour le plus d’heures d’écoute. À quand remonte la date la plus récente où vous avez demandé leur avis? Êtes-vous en train d’ajouter et de supprimer des éléments de vos programmes en fonction de vos caprices ou de celles de la direction?

Vous devriez vous poser la question suivante: « Pourquoi est-ce que mon cœur de cible favorise / rejette ma radio plus qu’une autre? » Et surtout n’essayez pas de répondre à la question vous-même…intéressez-vous à vos auditeurs!

Mike Wagner, président de MIKE FM Consulting

Pochette de disque américaine des années 60 sur laquelle le jeune Mike semble déjà être attiré par les choix de programmation musicale.

DCDP: Remy Jounin, Et si on refaisait de la radio ?

Posted On 05 mars, 2011 By Add Comments
JouninBan

Pour ce mois de mars, c’est Rémy Jounin qui m’a fait l’honneur d’accepter l’invitation de mon blog. L’occasion pour ce « routard » des stations de France et d’ailleurs de nous offrir sans langue de bois son point de vue sur l’état actuel de nos programmes, ou plutôt, leur absence bien trop souvent constatée…

Rémy fait de la radio depuis le « début »; les années 80. Je pense que son CV est un des plus long que je connaisse dans notre domaine. De Paris à Saïgon, d’Hanoï au Ghana en passant par Casablanca et les antennes de RFO, Rémy est aussi un globe-trotteur qui partage avec tous son amour pour ce média et ces connaissances. Je vous encourage d’ailleurs à consulter son site radioexpertise si vous recherchez une formation solide pour vos équipes ou un coups de main ponctuel pour développer votre programmes, même avec un budget très restreint, j’ai vu Rémy à l’oeuvre ;)

Rémy est aussi voix off pour de nombreux documentaires, créateur de webradios, co-auteur d’un des trop rare livre français sur la radio: « Animer une radio » aux éditions Dixit.

Autre point commun avec Rémy, notre passage dans le développement de radio de proximité dans des hôpitaux, pour ado ou plus grands, Rémy à Trousseau et à Ambroise Paré, moi à Necker.


Y’a plus d’saisons, ma bonne dame… !

Avant (je dis avant, dans le bon temps, quoi), il y avait une rentrée en septembre (en septembre, hein, après les vacances, pas vers le 20 août !) et, éventuellement, un rattrapage vers janvier/février. Picétou. Pour le reste, si t’avais loupé ta rentrée, fallait aller à la pêche, refaire les peintures de ton salon, élever tes gosses et aller dire bonjour à ces messieurs-dames du paulemploi.

Maintenant, tout fout l’camp. Europe 1 nous fait trois grilles par an (bien fait, fallait pas embaucher « le gros », comme dit ma copine Pascale), le service public rampe devant le pouvoir et embauche des comiques dignes de Récré A2, Lagardère continue de casser ses jouets comme un gosse de riche mal élevé et qu’est-ce qu’on voit ? Des petits arrangements entre amis (momentanés) sur le thème de « tu me laisses telle fréquence ici et je te laisse piquer encore une fréquence pour une nouvelle radio (dont tout le monde) se tape chez moi » pendant que les A sont écrasées et les B asphyxiées,… pour finalement déposer un recours ! Europe 2, qui a perdu son identité, aurait dû la retrouver en achetant une marque (une virginité ?) dont les Français se contre-tamponnent (résultat: la dégoulinante infernale) et s’achète des spots de pub au ciné que ma voisine prend pour des spots pour NRJ. Bref, c’est le bordel.

Et tout ça pourquoi ? Parce qu’on parle de tout, sauf de radio. Parce qu’on pense à la marque d’abord (quand c’est RTL, c’est légitime, j’y reviendrai) au lieu de faire du programme. Parce que Virgin ou Europe 2, peu importe, la vraie question c’est qu’est-ce qu’il y a dedans ? Et le problème c’est que, trop souvent, il n’y a rien dedans. Par contre, derrière, il y a des crânes d’œufs sortis d’école de commerce qui veulent nous expliquer ce qu’attendent les auditeurs(1).

Eh, les mecs, vous croyez vraiment que Jean-François Latour, Jean Beghin, Jean-Luc Vibet, Jérôme Delaveau, Yves Bigot et consorts(2) ont besoin que vous le leur expliquiez ?

Faut arrêter les concertos de pipeau, des fois. Oui, on a besoin de vos études, de vos recherches et des éléments que vous apportez pour se forger une meilleure connaissance du marché à un instant T, à la minute M du jour J. Mais à M+1, c’est déjà obsolète ! Quant à ce qui ne l’est pas, ça s’appelle des constantes et ça, c’est du métier.

Donc, question: quand est-ce qu’on refait du programme ? Vous savez, de la radio, avec des vrais gens au micro, des vrais speaks, du vrai contenu, de la chaleur humaine, de la proximité, des êtres humains qui en accompagnent d’autres dans leurs moments intimes, dans la salle de bain, dans la bagnole, etc…

Un des meilleurs animateurs de cette première génération FM (née en 81) est parti en retraite récemment. Oui, déjà. Il s’appelle Jean-Jacques Guinard et c’est, à mes yeux de formateur, une icône. Jean-

Jacques, c’était l’anti Bling-Bling. Pas une seconde hype ou dans le mouv‘. Il n’a jamais fréquenté les pipoles et n’a jamais cherché à vendre sa mère pour une apparition télé. Vous ne risquiez pas de l’entendre lécher les miches de Sublet pour décrocher une chronique dans son loft bobo. Il ne passait pas ses soirées au Duplex ou à l’Etoile.

Il n’a jamais non plus, malheureusement, su correctement se vendre à des directeurs d’antenne qui ne le connaissaient pas. Jean-Jacques, il n’a non plus jamais postulé au morning zoo des grands réseaux, n’a jamais fait de ligne ouverte pour dire pipi-caca et se prendre pour un rebelle. Jean-Jacques, comme l’est actuellement Bruno Rizzi, par exemple, c’était un véritable animateur de nuit, celui qui sait vous parler comme si vous étiez seul avec lui, en sachant que nous sommes moins nombreux mais plus disponibles pour cette relation duelle et intime. Et, quand je taillais la route tout seul sur les routes de cambrousse, qu’est-ce que j’étais content de l’entendre, sur Chérie FM ou RTL2, me tenir compagnie, me parler comme un adulte intelligent à un autre adulte intelligent, sans se contenter de me donner les dates de concert de U2 ou me faire la promo d’un morning que je ne risquerais pas d’écouter si j’étais encore à l’écoute à 2 du mat’ ! Ben lui, voyez, lui qui réussissait ce tour de force, il est parti un peu triste et frustré, parce qu’on le faisait taire, on le muselait. Pourtant, il faisait faire des économies à son réseau. Tout seul devant sa console, sans réal, sans auteur aussi, pour lui écrire des vannes débiles. Vous avez dit « ringard » ? Nous n’avons pas les mêmes valeurs.

Oui, au lieu de privilégier le programme et les gens qui le font, on pense pouvoir et influence. Je t’échange une fréquence ici contre quatre là. Je te dénonce parce que tu ne respectes pas tes quotas(système que je déteste mais que je tiens à voir appliquer à la concurrence), je t’empêche de décrocher une fréquence ici parce qu’on m’en a refusé une là… Mais tout ça pour y mettre quoi, nom d’une pipe ? Combien de formats musicaux fonctionnent vraiment dans ce pays ? Combien sont incontournables ? Ca tient sur les doigts d’un manchot, non ? Alors, ensuite, qu’est-ce qu’on fait ? Ben du programme, tout bêtement. Du local, du thématique, comme on veut, mais du programme.

Regardez : même Radio Classique, malgré son boulevard, rajoute du programme. On aime ou pas, peu importe. L’effort est notable. Pour ma part, je perds une dent à chaque fois que madame Ruggieri vient grincer dans mon autoradio mais quelle bonne idée d’avoir remis à l’antenne une des plus belles voix de France, celle de Christian Morin! Valeur ajoutée : la possibilité pour la radio de promouvoir les concerts de jazz du Morin clarinettiste et de prouver ainsi son ouverture d’esprit ! Bon évidemment, faire du programme, ça coûte un peu de sous (pouah, oh le gros gros mot ! Bite ou poil, on peut dire, même à l’antenne, mais « augmentation », ça non !).

Mais, tous les pêcheurs vous le diront : si on veut que ça morde, faut appâter ! Et pas en offrant des bagnoles ou des séjours à Las Vegas, non, en fidélisant sur des personnes, des pros, des gens qu’on a envie de réécouter le lendemain à la même heure, parce qu’ils feront ce tour de force de se renouveler en étant toujours les mêmes.

Je voudrais conclure ce billet que Matthieu m’a gentiment (ou hardiment… ou imprudemment, au choix) offert par une note très positive. D’après un portrait paru dans Télé Nouvel Obs, l’excellent Vincent Parizot rapporte qu’on lui reproche parfois de ne pas montrer sa tête à la télé. Ben oui, Vincent, rien de nouveau là-dedans, on préfère mettre à la radio des gens dont on voit la tronche à la télé (on appelle ça « à fort potentiel de notoriété », sans rire). Les exemples démontrant que ça n’apporte pas systématiquement un résultat remontent à l’époque ou Denis Fabre sévissait à la télé et sur Europe 1, mais ça ne sert à rien. Malgré tout, Vincent, avec sa belle tête de pas- connu-à-la-télé, a réussi le tour de force d’être le premier anchorman de France, passant d’Europe 1 à RTL pour encore creuser l’écart (3). Et ça, c’est une super bonne nouvelle. Parce que si le Premier à la radio n’est pas tous les jours à la télé, ça ne peut vouloir dire qu’une seule chose : c’est que quand la première radio de France prend un grand pro pour lui confier sa tranche reine en se foutant (en prenant ce risque) de sa notoriété visuelle, ben ça marche. Ce qui aurait tendance à démontrer (ça tombe bien, c’était mon propos) que pour faire de la bonne radio, il faut faire de la radio, d’abord. Et ça, c’est vachement chouette !

Remy Jounin

http://www.radioexpertise.com

(1) « Je t’assure, Remy, un jeu a toujours une démarche aristotélicienne ! », déclaré sans rire devant un témoin de choix qui a eu la courtoisie de se retenir d’éclater de rire trop ouvertement.

(2) Dans ces « consorts », il y a toi, lecteur subtil, évidemment !

(3) En plus, il pousse l’insolence jusqu’à être super sympa avec les gens qui l’entourent, il va faire du mal à toute la profession, ce type ! Une anecdote à son propos : il y a 25 ans, il faisait les flashs de nuit sur Europe 1, le week-end, dans le studio JP. Ce studio, un studio DJ, coupé en deux par la console, avait deux portes. L’une donnant côté DJ, l’autre côté micros, sans communication entre les deux parties. Une nuit, l’animateur était tellement réveillé qu’il avait laissé la porte côté micros fermée à clé. Quand Vincent est arrivé pour son flash, il n’a donc pas pu entrer. Trop tard pour aller chercher la clé. Pendant que ce pauvre animateur racontait sa vie, Vincent est grimpé sur la console (y’a du bestiau !) pour s’installer tranquille et souriant devant le micro, de l’autre côté. M’a même pas engueulé! Royal, je vous dis, Vincent !

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