Free, la publicité et la radio

Posted On 05 février, 2013 By Add Comments
Radio IP

C’est avec un effet d’annonce retentissant que l’opérateur internet Free a proposé en début d’année une nouvelle mise à jour de sa Freebox Révolution. Dans sa toute dernière mouture le firmware, le logiciel qui pilote la Freebox dispose en natif d’un bloqueur de publicité. Une fois la box mise à jour, c’est automatiquement  que cette nouvelle fonction est activée et masque les publicité qui font que parfois, certains site ressemble aux grandes avenues qui donnent accès à nos villes, pleines de publicités intempestives, bariollées.

Mais derrière cet épineux sujet il s’en cache en réalité un autre bien plus vaste. Celui de la neutralité du Net dont nous avions déjà parlé sur ce blog ici, ici et ici.

 Freebox révolution

Free décide de faire la pluie et le beau temps

 

Immédiatement baptisée #FreeAdGate sur les réseaux sociaux (Voir ici sur Twitter) l’opération n’en avait pas finie de soulever la polémique. Fin d’un système capitaliste pour certain, manoeuvre digne d’un état totalitaire pour d’autre, il est certain que même le Pc Chinois n’avait pas osé une telle censure de la publicitée.

Dans la réalité des faits, il s’agit très certainement pour Free d’une mesure de coercition dans le bras de fer qui oppose l’opérateur français à Google au sujet de la bande passante du site YouTube (propriété de Google et premier fournisseur mondial de vidéo sur internet). Pour ceux qui n’auraient pas suivit l’affaire un petit rappel des faits s’impose. Depuis plus de six mois maintenant, Free et Google se renvoient la balle pour la construction de liaisons plus importante entre les serveurs de vidéo de Google et de Free. Pour simplifier lorsqu’un abonné de Free demande à regarder une vidéo sur YouTube, une connexion réseau est établis entre les deux sociétés, mais à certaines heures (soir et week end notamment) la demande est telle que le réseau est saturé, du coups, les abonnés de Free doivent patienter et attendre un temps de chargement très long de ces vidéos. La solution serait de tirer de nouveaux cables entre les deux réseaux pour permettre à un plus grand nombre d’utilisateur de se connecter simultanément et avec une qualité d’image plus importante. Problème la question de savoir qui de Free ou de YouTube (via Google) doit payé ne semble pas avoir et tranché.  Du coups les deux sociétés campent sur leurs position et les abonnés Free se plaignent.

 

La réplique de Free

 

Donc début janvier Free propose sa nouvelle mise à jour et bloque la majorité des contenus publicitaires en provenance de Google. Pire que tout, le blocage est activé par défaut ; pour s’y soustraire et retrouver ses publicités il faut entrer dans les paramètres de sa box pour désactiver l’option. Opération facile à réaliser mais qui risque de rebuter beaucoup d’utilisateurs qui auront peur de faire une bourde.

Le soucis majeur de cette action c’est qu’il montre bien la nouvelle toute puissance des opérateurs de communication. Ceux-ci ont payés et déployé leurs réseaux, en sont désormais maître et compte bien pouvoir décider qui est le bienvenu et qui ne l’ai pas. Avant ce pouvoir était réservé aux états, désormais une société peut donc décider de qui peu ou ne peu communiquer sur internet.

Si ce soucis d’ordre éthique est déjà problématique, l’économique joue lui aussi une part importante dans la polémique qui éclate aujourd’hui. Si les internautes ne reçoivent plus la publicité c’est le modèle tout entier d’un internet libre et gratuit qui s’effondre.  Comment dès lors financer les services,  les « pure-players  » qui n’utilisent que le web pour vendre leurs produits ou partager leur information.

 

Et la radio dans tout cela ?

radio neutralité net

Avec le quasi coups d’arrêt donné au projet de Radio Numérique Terrestre (RNT), l’avenir de la radio semblait tout tracé: l’IP via le réseau internet.

Si les réseaux FM, ou par extension RNT, reposaient sur l’ancien modèle, celui des autorisations gouvernementales d’émission délivrées par le CSA, l’émergence de la radio sur IP de nouvelles perspectives s’ouvraient. L’accession au public via une large diffusion  sur internet permettait à la plus petite des radios d’être quasiement aussi écoutée que RTL/NRJ et France Inter. Plus question de zone couverte ou non, de seuil anti-concentration, la lutte se serait faite programme contre programme.

Aujourd’hui Free vient rebattre les cartes. Si demain le groupe Illiade, détenteur de Free, achetait une station de radio, il pourrait du jour au lendemain empêcher ses internautes d’écouter l’ensemble des autres stations, réduisant l’écoute de ses concurrents, bloquant leurs flux ou limitant l’accès. C’est donc une nouvelle fois la neutralité du net qui est en cause.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cela se produit.   Dans les années 90 les poseurs de tuyaux d’eaux de la « Compagnie générale des eaux », Jean-Marie Messiers en tête, ont posés en plus des canalisation d’eau des tuyaux de données, la fameuse fibre optique… ils ont plus tard fondés Cégetel (l’ancêtre de notre SFR) pour la partie téléphonie puis Canal Plus, les studios d’Universal, enfin regroupés sous le nom de Videndi. C’est la maitrise de la tranchée au pied de nos immeubles qui a donc permis la création de cet empire des télécommunications et des médias. Le tuyaux est donc la source de la richesse de ses groupes.

En abandonnant au privé la constitution du futur réseau de diffusion de nos radios l’état à donc commis une faute. Si la technologie de la RNT était déjà dépassée avant même sa mise en service, l’état aurait du établir un réseau de communication sur IP indépendant.

Avec la nomination d’un nouveau directeur au CSA la question ne manquera certainement pas d’être soulevée dans les prochains mois. Affaire à suivre donc !

Onde numérique: La radio payante arrive en France !

Posted On 20 mai, 2012 By Add Comments
TSF

Le projet est pour le moins ambitieux dans un pays ou l’offre radio est une des plus dense du monde et ou le média est avant tout perçu comme gratuit.Onde Numérique est en effet candidate pour devenir le premier bouquet numérique de radio à péage. Si le pari peut paraître risqué il répond en réalité à un appel d’offre du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. D’autres candidats se sont positionnés et notamment Médiamobile, une société appartenant à TDF.

Côté programmes, Ondes Numériques proposera un mix de stations existantes parmi lesquelles les antennes de Radio France, Europe 1, OuiFm, Radio Classique et le flux audio de BFM Tv, le tout sans publicités. Un positionnement adulte quadra CSP+ qui se verra agrémenter de nombreuses stations qui agrégeront des flux podcasts, des flux musicaux très variés proposant un contrôle total du direct permettant la mise en pause, la ré-écoute de programmes … Ce n’est pas moins de 63 stations que le bouquet promet de diffuser si le CSA donne son accord à un financement en bourse du projet.

Onde Numérique s’est déjà rapprochée de plusieurs partenaires, comme RTl, Metta, Trace, FG Radio, Radio Classique ou encore des radios associatives pour étoffer son offre. Plus d’infos sur le site du distributeurs.

 

Double peine pour Nrj Group et Next Radio Tv !

Posted On 14 septembre, 2011 By Add Comments
décharge électrique

C’est la double peine qui s’abat ces jours-ci sur les groupes média français Next Radio Tv et Nrj Group. Deux mauvaises nouvelles en un peux plus de 72 heures. Toutes concernent les activités tv de ces groupes, mais risquent bien à court terme de concerner les activités radio.

Après l’annonce du rachat des chaines de TNT Direct8 et Direct Star par Canal plus, les deux patrons français de RMC et de NRJ sont montés au créneaux pour dénoncer la politique de concentration du secteur média. Le risque selon eux, d’avoir a affronter d’ici peu des groupes géants qui pourront acheter des programmes au prix de gros tandis que eux devront se contenter de miettes, ou de moyens nettement plus réduit en fonction d’une taille moindre de leurs auditoires.

Hier, c’est un nouveau coups dur qui est venu semer le trouble.

Michel Boyon, président du CSA a en effet clairement affiché sa préférence pour l’adoption en France d’une nouvelle norme de diffusion de la TNT.

Cette norme baptisée DVB-T2 permettra notamment un nombre plus important de chaines de télévision, ce qui a première vue pourrait être une bonne nouvelle pour les projets respectifs de Next Radio Tv et de Nrj Group.

Malheuresement pour eux l’adoption de cette nouvelle norme induit le gel du développement actuel, son report de plusieures années, le temps que les fabriquant de décodeur adaptent leurs modèles, mais surtout l’obligation pour les français qui viennent de s’équiper (en décodeur ou en nouveau écran) a de nouveau mettre la main à la poche…

Si tout le monde est d’accord sur la nécessité de l’adoption de cette nouvelle norme il est aussi certain que le gel induit avantage encore les groupes principaux que sont TF1 et M6, premiers servit dans le cadre des accords des canaux compensatoires. Dans ce contexte il est aujourd’hui aisé de mieux comprendre le rachat en catimini des chaines Direct8 et Direct Star par Canal Plus au groupe Bolloré média. Les chaines déjà déployées à l’heure actuelle et compatibles avec les décodeurs existant valent aujourd’hui de l’or.

Si la position du patron du CSA est plus inquiétante, c’est plutôt sur la justification de l’idée que les clients de la télévision par ADSL (freebox, B Box et autres) disposeront alors de plus de

chaines en attendant que la majorité des français qui recoivent la TNT via l’antenne traditionelle s’équipent. L’explosion de l’offre de chaine n’est donc plus simplement soumis à l’achat d’un décodeur à 30 euros mais bien à la souscription d’une offre triple play.

De même pour les chaines de télévision, les risques de lancer de nouveaux caneaux uniquement sur les offres câbles et Adsl est nettement plus risqué qu’une ouverture réelle de la TNT.

Dans ce contexte les projets de développement de Next Radio Tv et de Nrj Group sont de facto rallentit !  Alain Weill a même semble t’il menacer de jeter l’éponge et de vendre son groupe.
L’avenir des radios de ces groupes sont donc aujourd’hui intimement liés à ce qui se passe actuellement du coté de la TNT.

Pour élargir un peu je pense également que ce type d’épisode est une nouvelle fois une bonne raison pour privilégier le développement de la radio numérique via le net plutôt que sur un réseau propriétaire et fermé qui sera vite saturé et dont les récepteurs ne seront pas rétro-upgradable. On en parlera ici même très prochainement !

Petite musique de circonstance ?

portage par Embedded Video

YouTube Direkt

 

 

Pourquoi le CSA n’a rien compris à Twitter et Facebook !

Posted On 30 mai, 2011 By Add Comments

Le CSA nous a fait part vendredi dernier d’une bien étrange décision. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a en effet annoncé aux chaînes de télévision et aux stations de radio que sa vigilance allait être renforcée dans les prochaines semaines quand à leurs communications et les renvois opérés sur les réseaux sociaux. Le CSA reproche à ces médias de faire de la publicité déguisé pour les sites Facebook, Twitter en renvoyant systématiquement les auditeurs et spectateurs et surtout en les citant à longueur de journée.

Voici la teneur du communiqué: “Le Conseil a été saisi par une chaîne de télévision de la conformité à la réglementation en matière de publicité des renvois aux pages consacrées à ses émissions sur des sites de réseaux sociaux. Il considère que le renvoi des téléspectateurs ou des auditeurs à la page de l’émission sur les réseaux sociaux sans les citer présente un caractère informatif, alors que le renvoi vers ces pages en nommant les réseaux sociaux concernés revêt un caractère publicitaire qui contrevient aux dispositions de l’article 9 du décret du 27 mars 1992 prohibant la publicité clandestine.“

La bonne information consiste donc selon le CSA à inciter les auditeurs à nous retrouver « sur les réseaux sociaux » et non sur « Twitter et Facebook ». Rassurez-moi, ces « sages » n’ont pas fait de journalisme depuis dès lustres ? Non parce que sinon demain matin à la radio je risque d’entendre: « D’après nos confrères du quotidien du soir, mais pas celui qui porte le même nom que notre pays, plutôt celui qui parle de la planète entière » ????

On s’aperçois alors que le CSA n’a en réalité pas compris l’utilité d’une page Facebook ou Twitter pour nos médias. Il s’agit à l’inverse pour les stations de radio d’utiliser ces nouveaux médias pour drainer l’auditeur vers elle et leur délivrer notre information. De plus, comment auraient fait les « médias traditionnels » pour suivre les évolutions des deux audiences de DSK la semaine passée sans prononcer le mot Twitter ?

Le CSA n’a t’il pas compris que Twitter et Facebook sont en eux même des écosystème de type médiatiques. Il sont un forum de discussion en temps réel, d’information, d’échange, que ces deux réseaux touchent quotidiennement 30% de la population française.
Bref le CSA n’a pas compris que l’information avait mutée, que la mort de Ben Laden, l‘arrestation de DSK et bien d’autres événements avaient d’abord été diffusés sur Twitter et que les journalistes ont une obligation déontologique et surveillée par le CSA de citer leurs sources.
Le CSA fait référence à un décret de 1992… époque ou l’internet à 56ko/sec n’était réservés qu’à une poignée d’entreprises, bref une époque ou internet n’existait même pas dans les pensées de « monsieur et madame tous le monde ». La question qui me taraude moi serait plutôt: mais qu’on t’il bien pu faire fait depuis ?

Alors voici maintenant mon conseil pour échapper à cette vigilance stupide, rédigée la semaine même ou le Président Sarkosy organisait le premier e-G8 et recevait en grande pompe le fondateur de Facebook…
Créez sur votre site internet conventionnel une page consacrée à l’ensemble des réseaux sociaux sur lesquels vous êtes présent et renvoyés y systématiquement vos auditeurs à l’antenne. Ainsi vous augmenterez sensiblement le trafic sur votre propre site internet et cette page risque bientôt d’être l’une des plus rentable de votre site.

RNT: Les deniers coups de pioches !

Posted On 11 mai, 2011 By Add Comments
David Kessler RNT

30 ans presque jours pour jours après le formidable espoir né de l’élection du socialiste Mitterrand et de l’ouverture de la bande Fm aux stations privées, c’est le coups de froid. Ce matin, David Kessler, mandaté par le Premier Ministre a remis son rapport final sur la Radio Numérique Terrestre. Le verdict est sans appels, Kessler y indique que  »les conditions ne sont pas réunies économiquement pour un lancement à grande échelle de la RNT« .

Le problème soulevé est essentiellement économique. Les phases d’essais techniques ont été validées, les fabricants de récepteurs sont prêts à fournir le marché… oui mais voilà, le marché est-il prêt… pas sûr. En tout cas, les éditeurs eux, ont dit non. Pas question pour eux de financer la double illumination des fréquences. Dans le cadre du déploiement de la RNT, les stations de radio auraient en effet dû payer la diffusion en analogique Fm et en numérique pendant quelques années afin que leurs auditeurs aient le temps de s’équiper en postes numériques.

Pour ceux qui n’auraient pas suivit, voici une petite vidéo réalisé à Nantes, ville d’expérimentation pilote pour la RNT en 2010.

portage par Embedded Video

David Kessler refuse le recours au grand emprunt national, lancé par le Président Sarkozy pour relancer l’économie, et les autres budgets de l’Etat vont devoir être resserrés pour cause de déficit budgétaire. Ce sont principalement les grandes radio nationales qui ont freinées. Lors du rapport de mi-étape, David Kessler avait demandé à chacune de se positionner clairement pour ou contre le lancement de la RNT. Les grands réseaux ont fait valoir que le coût de la double diffusion, sur une période assez longue, peu estimable en temps et aux recettes très abstraites constituait pour elles un obstacle majeur.

Les radios régionales quand a elles, ont vu l’opportunité avec la RNT d’étendre leurs zones de couverture, mais là encore, le retour sur investissement ne peut être que vaguement estimé, dans un contexte économique morose et des fréquentations du média radio en baisse sur les fréquences analogiques.

Du coups, Kessler propose une expérimentation en Bretagne à large échelle, et un moratoire de 2 à 3 ans sur les autres régions. Le soucis est qu’en réalité, le lancement d’un tel système ne peut se faire qu’à l’échelle nationale, voire européenne. Pensez-vous un seul instant que les bretons vont investir dans des postes de radio numériques dédiés si l’expérimentation cesse dans deux ans ? Que dire des prix des produits vendus en magasins si ceux-ci ne se retrouvent que sur le marché restreint breton et non sur le plan national. D’ailleurs le rapport évoque à mi-mot la possibilité de revoir la norme de diffusion franco-française pour s’adapter à un marché plus large, au moins à l’échelle de l’Europe. Il propose l’observation des déploiements réalisés à l’étranger pour y percevoir les rentabilités économique.

Si David Kessler a refusé de voir le projet de Radio Numérique Terrestre enterré en France, il vient là tout de même, d’en donner les dernier coups de pioche.

Le rapport Kessler sur la RNT est disponible en intégralité ici.

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